De nombreux propriétaires de chats donnent de la nourriture humide sous forme de boîtes, pâtées, et sachets. Ou encore font un mix avec des croquettes.

Généralement pour les raisons suivantes :

  1. La composition de la nourriture humide (boîtes, pâtées, sachets) serait équivalente à la composition nutritionnelle des proies naturelles des chats.
  2. Les chats ne compenseraient pas la faible humidité des croquettes par la prise d’eau (en buvant donc).
  3. La teneur en eau de la nourriture humide éviterait ou préviendrait les risques de problèmes rénaux et ou urinaires (cristaux et cystites).
  4. Faire une alimentation mixte (croquettes + nourriture humide) serait la solution idéale.

question sur la nourriture humide en boite

Examinons donc tout cela de plus près. Ces affirmations soulèvent en effet des questions très importantes.

La nourriture humide (boîte, pâtée, sachet) serait équivalente à la composition nutritionnelle des proies naturelles des chats :

Afin d’établir une base comparative, nous prendrons l’exemple de la proie naturelle la plus emblématique du chat : la souris. Les apports nutritionnels d’une souris adulte sont en moyenne les suivants :

Composition analytique d’une souris : Protéines 18,2%, Matières grasses 7,7%, fibres 2,9%, cendre brutes (minéraux) 3,9%, eau/humidité 67,3%.

Notez que, globalement, la composition de la souris et très proche de la composition moyenne des proies consommées par les chats, sauf pour ce qui est des fibres qui sont en quantité très supérieure.

Les nutriments essentiels (hors humidité) se répartissent donc sur 32,70 % de matière sèche.

Comparons à présent ces valeurs nutritionnelles à celle de la nourriture humide. La comparaison a porté exclusivement sur les marques considérées (et conseillées) comme étant les meilleures. Les produits de bas de gamme ont donc été exclus de cette comparaison.

La comparaison a été effectuée à partir des données fournies par les fabricants eux-mêmes. Elle a porté sur 16 marques et 64 boîtes, sachets ou pâtées différentes.

Le tableau ci-dessous nous donne la moyenne des écarts par rapport à la composition nutritionnelle d’une souris.

Composition analytique d’une souris comparée à la moyenne de la nourriture humide

Nous avons également relevé les valeurs mini et maxi. Autrement dit les boîtes (sachets, pâtées, …) qui apportaient le moins de protéines et celles qui en apportaient le plus. Et ainsi de suite pour chacun des nutriments essentiels :

Composition analytique d’une souris comparée aux apports minimum et maximum de la nourriture humide

C’est une donnée intéressante. Mais elle peut être trompeuse. On y relève en effet que :

Certaines boîtes, pâtées, et sachets sont très proches de l’apport en protéines de la souris, voire le dépasse (19 %). Sauf que ce sont précisément ceux qui n’apportent que 0,20 % de matières grasses, 0,10 % de fibres et 2 % de minéraux ce qui nous donne les déficiences suivantes :

  • Matières grasses : – 97,41 %
  • Fibres : – 88,29 %
  • Minéraux : – 44,43 %
  • Apport énergétique : – 34,95 %

D’autres sont, eux, très proches de l’apport en matières grasses (7,6 %, soit -3,23 % seulement). Mais alors ils sont gravement déficients sur les autres apports :

  • Protéines : 10,5 %, soit – 45,09 %
  • Fibres :   0,4 %, soit – 53,16 %
  • Minéraux : 2,4 %, soit – 33,31 %
  • Apport énergétique : -27,57 %

Les déficiences les plus graves relevées dans cette comparaison sont :

  • Protéines : – 58,90 %
  • Matières grasses : – 97,41 %
  • Fibres : – 96.51 %
  • Minéraux : – 76,68 %
  • Apport énergétique : – 53,16 %
  • Calcium : – 84,94 %
  • Phosphore : – 82,39 %

la nourriture humide n'est pas equivalente à une proie comme une souris

Comme vous l’aurez compris, les aliments humides ne sont pas du tout équivalents à une proie comme la souris du point de vue nutritif. Ils en sont très loin.

On pourrait alors argumenter qu’il suffit que le chat en mange plus pour rattraper les déficiences et que cela va justement le forcer à boire plus qu’il ne l’aurait fait naturellement.

Une souris équivaut à énormément de nourriture humide ce qui constitue un bol alimentaire beaucoup trop important. Les chats ne peuvent pas tout manger ce qui peut créer des carences.

Sauf que le chat ne peut pas retirer l’eau de la nourriture humide. Et le bol alimentaire est dans ce cas beaucoup trop important.  Il ne peut pas ingérer les macronutriments et micronutriments nécessaires sauf à manger beaucoup plus que sa capacité. Il faudrait en effet qu’un chat mange 350 gr/jour de nourriture humide pour arriver à un taux convenable sur le plan nutritif.

Par comparaison, les chats féraux (sauvages) mangent, en moyenne, 210 gr/jour. Avec un aliment humide un chat doit consommer donc 65 % de plus.

On pourrait alors penser que les 210 gr/jour ne prennent pas en compte l’eau de boisson. Et que comme la nourriture humide dépasse l’humidité de la proie naturelle, le chat boira moins à côté et que finalement il n’aura pas de carences. Si l’on justifie l’excès du bol alimentaire de l’aliment humide en disant qu’il est équivalent à la consommation d’une proie + la prise d’eau de boisson, c’est implicitement reconnaitre que le chat a bien la capacité de boire à côté. L’argument selon lequel il faut le forcer à boire en lui donnant de l’humide ne tient plus.

En revanche il n’y a aucun problème de bol alimentaire avec la nourriture sèche. En effet le bol alimentaire d’un chat mangeant notre formulation Amikinos Référence est, pour le coup, inférieur aux 210 gr/jour des chats féraux. Tout simplement parce que ce bol alimentaire contient seulement 7 % d’humidité au lieu des 67,3 % dans une souris par exemple.

Bien sûr notre aliment Référence seul (sans prise d’eau) n’est pas équivalent à une proie comme la souris puisqu’il ne contient que 7 % d’humidité contre 67,3 % pour la souris par exemple. Mais :

La consommation d'Amikinos Référence alliée à une prise d'eau adéquate et très proche de la moyenne des compositions des proies naturelles contrairement à la nourriture humide

L’idée c’était que notre aliment plus une prise d’eau adéquate soit extrêmement proche de la moyenne pondérée de l’ensemble des proies consommées par le chat sauvage. C’est ce que nous avons fait :

Comparaison de la composition analytique d’une souris avec Amikinos Référence chat à la même humidité

Faisons la même comparaison avec la boîte plébiscitée sur les forums et autres blogs. Dans ce cas il est impossible de comparer avec le même taux d’humidité que la proie puisque le chat ne peut pas retirer l’eau et consomme donc un produit à 79 % d’humidité. Ce qui nous donne :

Comparaison de la composition analytique d’une souris avec la nourriture humide la plus souvent recommandée

Notez encore une fois que la quantité de fibres de la souris est très supérieure à celle consommée en moyenne par les chats sauvages. La souris faisant partie des proies contenant le plus de fibres.

Les chats ne compenseraient pas la faible humidité des croquettes par la prise d’eau :

L’un des gros arguments en faveur de la nourriture humide serait que les chats ne compensent pas la faible humidité des croquettes par une prise d’eau adéquate.

Pourtant, pour toutes les espèces animales vivantes, sans aucune exception, la sensation de soif est prioritaire sur la sensation de faim en cas de manque. Tout simplement parce que l’eau est nécessaire à tous les procédés biochimiques utilisant de l’énergie (LEE, P. (2016). Quenching the thrist for hunger).

Annoncer que les chats ne compensent pas bien l’humidité de leur alimentation (quand celle-ci répond aux besoins naturels du chat) par une prise d’eau complémentaire, revient à dire que la nature est mal faite. Le chat serait-il vraiment le seul mammifère qui ne serait pas capable de gérer sa sensation de soif ? Bien sûr que non. Tout comme nous, les chats ont un réflexe de soif qui régule parfaitement la quantité d’eau qu’ils boivent. D’ailleurs le procédé dit de lyophilisation (qui enlève toute l’humidité) existe depuis 1906 et personne n’associe cette technique à des problèmes qui seraient liés au manque d’humidité.

Quand on y réfléchit un peu plus, le chat dans la nature serait parfaitement capable de gérer sa prise d’eau en fonction des taux d’humidité différents de ses proies, mais il serait incapable de le faire pour une croquette.

En réalité, la régulation de la soif chez les animaux est ajustée en permanence pour que la prise d’eau complète parfaitement l’humidité contenue dans l’alimentation. Si donc un chat mange des proies contenant plus d’eau, il va moins boire à côté. S’il consomme une proie avec moins d’humidité, sa sensation de soif augmente, pour compenser l’humidité inférieure de cette dernière. C’est exactement pour cela que si vous mangez des sablés très secs, cela vous donne soif.

« C’est une réponse (la soif) biologique normale qui a évolué pour toutes les créatures afin de maintenir un niveau constant d’hydratation au minimum une fois par jour ». Professeur Tim Noakes, Waterlogged.

Voici, en un peu plus de détails, le processus de régulation de la soif :

Régulation de la soif : Déshydration causée par une diarrhée, vomissements, restriction d’eau/prise d’eau inadéquate, ou une perte de sang. Si cette déshydratation entraine un changement d’osmolalité de 2-3%, une production d’angiotensine 2, et une baisse du volume sanguin supérieur à 10% qui stimulerons les noyaux suivants de l’hypotalamus : Organe subfornical, aire préoptique médiane, organe vasculaire de la lame terminale, aire préoptique latéral/hypotalamus latéral supraoptique, paraventriculaire. Cela va provoquer une sécrétion d’AVP/ADF qui va provoquer la sensation de soif. D’autres facteurs influencent les sécrétions d’AVP/ADH : Hypotension artérielle, stimulation du système nerveux sympathique, hormones (ACTH, Cortisol, Ocytocine, BNP), Cytokines (1L-1B, 1L-6), élévation de la température corporelle.

Au regard du processus de régulation de la sensation de soif, dire que le chat ne compenserait pas bien la faible humidité d’une croquette (correspondant à ses besoins nutritifs) parce qu’il régulerait mal sa sensation de soif, implique alors et revient à dire aussi que le chat n’est pas non plus capable de compenser une déshydratation causée par une diarrhée, des vomissements, ou encore une perte de sang. Une telle affirmation pose un très sérieux problème.

On argumente aussi parfois que les origines désertiques des chats en font un petit buveur et que ce serait là l’origine du problème de la prise d’eau chez le chat. Cette affirmation impose 2 commentaires :

  1. Le chat n’est pas originaire du désert. C’est faux : les premiers chats sont apparus en Asie du Sud-Est, dans la jungle.
  2. Quand bien même son passage par un environnement désertique l’aurait fait évoluer, il se serait alors nécessairement adapté à son nouvel environnement et donc à une plus faible disponibilité en eau, comme toutes les espèces vivant en zones désertiques.

L'oryx est l'animal le plus adaptée au manque d'eau. Il est le seul animal qui n'a pas besoin de boire

Ainsi l’Oryx qui vit dans les zones où l’eau manque cruellement, est l’animal qui boit le moins au monde. Qui dirait que, par conséquent, il ne sait pas gérer sa propre soif ? C’est en réalité exactement le contraire : parce que l’adaptation de l’Oryx à un environnement pauvre en eau, en fait un animal ayant besoin de beaucoup moins d’eau que les autres espèces.

Alors pourquoi dans certains cas, les chats boivent-ils très peu à tel point que l’on en viendrait réellement à se demander si effectivement le chat est « normalement constitué », puisqu’incapable de réguler sa soif ?

En effet l’étude de Buckley et al. nous montre que les chats nourris avec la croquette de l’étude réhydratée à 73,3% avaient une consommation totale d’eau (provenant de la nourriture et de la boisson) 30% supérieure aux chats nourris avec cette même croquette non-réhydratée.

En réalité la vraie question à se poser est la suivante : qu’est ce qui peut altérer la régulation de la soif chez le chat ?

Plus une croquette contient de glucides, plus celle-ci va favoriser la sensation de faim au détriment de la sensation de faim.

Une mauvaise alimentation peut effectivement jouer sur la sensation de soif. C’est le cas des aliments contenant trop glucides, et plus encore si les glucides sont à fort index glycémique. En effet, plus un chat va être nourri avec des glucides à fort index glycémique, plus sa glycémie va être élevée, augmentant du même coup son taux d’insuline. Or nous savons que l’hyper insulinémie favorise la sensation de faim au détriment de la sensation de soif. Ce phénomène complexe commence tout juste à être expliqué scientifiquement (LEE, P. (2016). Quenching the thrist for hunger).

Mais ce dérèglement de la sensation de soif ne se produit :

  1. Qu’en présence d’une trop grosse quantité de glucides,
  2. Et particulièrement les glucides à fort index glycémique qui ne font jamais partie de l’alimentation naturelle du chat.

Amikinos Référence Chat est la croquette maitrisant au mieux la glycémie de par son très faible taux de glucides réel et l’absence de source de glucides à fort index glycémique. C’est une des raisons pour lesquelles les chats nourris uniquement à nos aliments, peuvent très bien compenser la faible humidité par une prise d’eau plus importante. C’est ce que l’on a démontré dans l’article suivant : Prise d’eau avec Amikinos Référence Chat

La teneur en eau de la nourriture humide éviterait ou préviendrait les risques de problèmes rénaux et ou urinaires (cristaux et cystites) :

L’autre argument selon lequel la nourriture humide serait hautement recommandable est que les problèmes rénaux et urinaires seraient causés par un manque d’eau. Les aliments humides préviendraient donc ces risques.

Le manque d’humidité est-il vraiment la cause de l’insuffisance rénale ?

Contrairement à ce que l’on peut penser, il n’y aurait en réalité pas de lien entre une prise d’eau insuffisante et l’insuffisance rénale. En effet, l’étude de N.C. Finch et al. « Determination of Extracellular Fluid Volume in Healthy and Azotemic Cats » publiée en 2015 dans le « Journal of Veterinary Internal Medicine » nous dit la chose suivante :

« Cette étude n’a identifié aucune différence significative de volume de fluide intracellulaire entre les chats azotémiques (qui ont une présence d’urée dans le sang trop importante) et non-azotémiques (qui ont un taux d’urée dans le sang normal), suggérant qu’une perte de fluide ou un volume de fluide excessif n’est pas une caractéristique clinique importante pour les chats souffrant d’insuffisance rénale chronique modérée. »

Autrement dit, cette étude a montré que les insuffisances rénales apparaissent autant sur les chats sur-hydratés que sur les chats déshydratés. L’hydratation ne serait donc pas un facteur d’apparition d’insuffisance rénale.

Malheureusement les véritables causes d’insuffisance rénale ne sont pas toutes formellement identifiées. Par contre, toutes les conditions pouvant entrainer des dommages sur les vaisseaux sanguins et les autres structures des reins peuvent engendrer de l’insuffisance rénale. Ces principales causes de dommages sont :

  • Un fort taux du glucose sanguin
  • L’hypertension artérielle

Or un fort taux de glucose sanguin est directement dépendant du taux de glucides et de l’index glycémique des sources de glucides utilisées dans l’alimentation. L’hypertension artérielle est, elle, indirectement liée, encore une fois, au taux de glucides et à l’index glycémique des sources de glucides utilisés dans l’alimentation. En effet le cardiologue, Dr Aseem Malhotra, nous explique qu’en excès, ces sources glucides (et principalement celles à fort index glycémique) vont provoquer de l’athérosclérose (formation de plaques sur la paroi des artères). Or la défense de l’organisme face à l’athérosclérose est d’augmenter la tension artérielle pour éviter tout blocage du flux sanguin provoqué par un éventuel caillot sanguin.

D’où, encore une fois, l’importance d’avoir une l’alimentation sans source de glucides à fort index glycémique et avec taux de glucides bas.

Les calculs et cristaux sont-ils vraiment causés par un manque de prise d’eau ?

Le risque de formation de calculs/cristaux est établi selon la saturation des urines en différents minéraux. Si un chat a des urines saturées en phosphore, il sera considéré à risque pour la formation de cristaux de struvites puisque la forte quantité de phosphore dans les urines peut justement s’agglomérer pour former ces fameux cristaux de struvites. Même chose pour un chat qui aurait des urines saturées en oxalate de calcium (CaOx) et qui, lui, serait donc à risque pour la formation de calculs d’oxalate de calcium (CaOx).

Il y a deux facteurs qui jouent sur la saturation des urines en minéraux :

  • Un volume d’urine trop faible
  • Une quantité de minéraux trop importante à évacuer.

Et c’est principalement pour cela que l’on dit qu’il faut faire attention à la quantité d’eau consommée par les chats et aussi à la quantité de minéraux dans l’alimentation.

La conclusion est donc souvent que la meilleure façon de prévenir la formation de calculs/cristaux est de donner de l’alimentation humide et d’avoir une alimentation avec un taux de minéraux faible.

Cependant nous avons déjà montré que les chats en bonne santé nourris uniquement avec nos croquettes peuvent avoir la même consommation totale d’eau que des chats nourris avec de l’alimentation humide (voir : Prise d’eau avec Amikinos Référence chat).

De plus même si la quantité d’eau totale consommée (provenant de la nourriture et de la boisson) peut diminuer les saturations des urines en CaOx, l’effet sur la saturation des urines en struvites (phosphore) n’est pas toujours significatif. C’est ce qui a été observé dans l’étude de Buckley et al.

Pour ce qui est des minéraux c’est aussi plus complexe qu’il n’y parait. Parce que les chats ont besoin de beaucoup de minéraux. Et ils doivent impérativement les retrouver dans leur alimentation.

Une souris à un taux de cendres moyen de 10,97% à 7% d'humidité

Une souris avec la même humidité que nos croquettes (7%), ne contient pas moins de 10,97% de minéraux. Seulement quand un chat mange une souris, les conditions d’assimilation des minéraux contenus dans cette souris sont réunies.

Et bien entendu des minéraux assimilés ne vont pas augmenter la saturation des urines contrairement à des minéraux non-assimilés qui doivent être rejetés par les voies urinaires.

Mauvaise assimilation des minéraux = Minéraux en libre circulation = Beaucoup de minéraux à évacuer = Problèmes urinaires

Le problème  est le suivant :

  1. La plupart des aliments pour chats contiennent des minéraux sulfates (sulfate de zinc, sulfate de manganèse…) très peu assimilés.
  2. Tous les minéraux, quels qu’ils soient, ont besoin d’être véhiculés dans l’organisme pour y être assimilés. Or le moyen de transport des minéraux c’est la protéine animale, très peu présente dans la plupart des croquettes et ou de médiocre qualité.

Mauvais minéraux + quantité / qualité insuffisantes de protéines = Mauvaise assimilation des minéraux

En l’occurrence pour éviter les problèmes engendrés par la non assimilation des minéraux, la majorité des aliments pour chats contient très peu de minéraux. Les déficiences en minéraux des boites, sachets ou autres pâtées se situent de – 22 % à – 76 %. Moins de minéraux non assimilables = moins de minéraux à rejeter = baisse de la saturation des urines en minéraux.

Minéraux sulfates + quantité / qualité insuffisantes de protéines = Mauvaise assimilation des minéraux = Problèmes urinaires + carences minérales

Pourtant ces apports très insuffisants de minéraux posent de nombreuses questions :

  • Quel sera l’état de la dentition du chat âgé ?
  • Dans quel état sera son squelette ?
  • Et ses articulations ?
  • Son sang ?
  • Ses muscles ?
  • Sa conversion énergétique ?
  • Sa peau, son poil ?
  • Ses fonctions nerveuses ?
  • Etc.

Les minéraux sont absolument essentiels à la bonne santé à long terme des chats. Peut-on imaginer qu’un aliment aussi gravement déficient en minéraux n’aura pas de conséquences graves à terme sur un chat ?

Notez aussi qu’une saturation des urines en calcium peut être aussi causée par la régulation du ph sanguin lorsque l’alimentation est acidifiante. Le pH sanguin est une constante (ph 7,39) et cette valeur reste constante même lorsque l’alimentation est acidifiante. Les principaux responsables de l’acidification sont les glucides. Un aliment contenant beaucoup de glucides a tendance à vouloir faire descendre le ph sous la barre des 7,39.

L’organisme utilise alors le mécanisme de compensation suivant : les reins puisent du phosphore dans le squelette afin de l’utiliser comme agent alcalinisant et donc contrer l’acidification provoquée par les glucides. Le problème est que, en puisant du phosphore dans les os, les reins soutirent également du calcium qui vient en même temps. Mais ce calcium n’est pas utilisé, lui, pour réguler le ph sanguin. Cette décalcification provoque bien sûr une déminéralisation osseuse et dentaire. Et ce calcium en liberté va malheureusement calcifier les artères, les valves cardiaques, et créer des calculs de calcium dans les reins et la vésicule biliaire.

Dernier point à soulever, l’étude de J. GLUSZEK (The Effect of Glucose Intake on Urine Saturation with Calcium Oxalate, Calcium Phosphate, Uric Acid and Sodium Urate) nous apporte un éclairage nouveau et d’une grande importance. Les résultats de cette étude nous montrent en effet qu’une augmentation de la consommation de glucides peut augmenter le degré de saturation des urines en oxalate de calcium, magnésium, et phosphate favorisant ainsi la formation de calculs. Encore une fois, trop de glucides n’est pas anodin

Pour plus d’informations sur les minéraux, vous pouvez lire les trois articles suivant :

L’eau et les cystites…

Une cystite est une infection bactériologique des voies urinaires. C’est pourquoi le vétérinaire prescrit des antibiotiques pour traiter une cystite. Notez qu’ici nous ne parlons pas des cystites interstitielles (ou syndrome de la vessie douloureuse) qui sont très rares et surtout un cas particulier car elles reproduisent les douleurs d’une cystite classique SANS infection bactériologique.

Les cystites sont-elles réellement causées par un manque d’eau ?

En réalité non.  Par contre l’eau joue un rôle. L’eau peut en effet diminuer le « symptôme cystite » parce qu’en grande quantité elle va diluer les bactéries et en évacuer lors de la miction (action d’uriner). Exactement comme une personne qui boirait 5 litres d’eau par jour pour ne pas avoir de cystites.

Est-ce normal que quelqu’un déclenche des cystites s’il ne boit pas ses 5 litres d’eau par jour ? Non, le problème est toujours là.

En ce qui concerne la nourriture humide pour chat et les cystites c’est exactement la même chose. Si votre chat a besoin d’énormément d’eau pour ne pas avoir de cystite, cela n’est pas normal. La modeste dilution/évacuation des bactéries ne va en aucun cas éradiquer les bactéries.  Vous comprenez donc pourquoi les boîtes, pâtées, et sachets ne sont pas une solution au problème, mais bien juste un traitement agissant sur le seul symptôme. Et malheureusement comme tous les traitements, ce n’est jamais efficace à 100 %. C’est pourquoi certains chats nourris à l’alimentation humide sont également touchés par les cystites.

Plus on donne de vermifuges chimiques et antibiotiques, plus la flore intestinale est dégradée, plus les défenses immunitaires baisses, plus le chat risque d’avoir des infestions urinaires (cystites). Plus le chat a de cystite, plus il a de traitements antibiotiques : C’est un véritable cercle vicieux.

Quelle est la cause des cystites ? De façon simplifiée, c’est la baisse du système immunitaire, elle-même provoquée par un dérèglement de la flore intestinale, qui provoque les cystites. La baisse des défenses fait que les bactéries peuvent proliférer plus ou moins librement. Forcer un chat à absorber de l’eau en lui donnant des aliments humides pour régler des cystites récurrentes ne fera que diluer et évacuer une partie des mauvaises bactéries sans jamais s’en débarrasser totalement. C’est pourquoi certains propriétaires ont constaté qu’après avoir diminué ou arrêté l’aliment humide, les cystites reviennent. Parce que les bactéries ont toujours été présentes.

La solution définitive consiste à éliminer la cause. C’est-à-dire donc à renforcer/rééquilibrer la flore intestinale pour que le chat retrouve ses défenses et puisse détruire ces mauvaises bactéries auxquelles il est exposé en permanence.

Sur le dérèglement de la flore intestinale et la baisse des défenses immunitaires qui s’ensuit, lisez : L’importance de la flore intestinale.

Faire une alimentation mixte (croquettes + nourriture humide) serait la solution :

Souvent certains propriétaires sont tentés de faire une alimentation mixte (croquettes + alimentation humide) afin de pallier les déficiences des boîtes, pâtées, et sachets. Mélanger Amikinos Référence Chat avec une nourriture humide pose plusieurs problèmes importants :

  1. Le ratio entre les protéines et les matières grasses de notre aliment Référence Chat est précis et il régule la sensation de faim. Faire une alimentation mixte va la plupart du temps dérégler ce ratio et donc la sensation de faim.
  2. Une alimentation mixte c’est détruire un équilibre nutritionnel. Quand bien même les aliments humides seraient complets et équilibrés, les mélanger ou alterner avec Amikinos Référence Chat ne donne pas une alimentation finale équilibrée et complète. 1+1 ne fait pas 1. Ça fait toujours 2.
  3. 50 % d’aliment complet et équilibré + 50 % d’aliment incomplet et très déséquilibré ne font pas 100 % d’aliment complet et équilibré. Cela fait toujours une moitié de ration complète et équilibrée et une autre moitié gravement déficiente

Enfin et surtout, si l’on s’attaque aux causes réelles des problèmes urinaires (le taux d’humidité n’étant pas la cause), rien ne justifie donc de donner une nourriture humide en plus d’Amikinos Référence.

Nourriture humide + Amikinos Référence = Carences ? Sensation de faim déréglée ?

Il est vraiment dommage de donner Amikinos Référence Chat qui s’approche au plus près de la composition nutritionnelle des proies naturelles, si dans le même temps, on détruit cet équilibre en mélangeant à un aliment humide qui est très largement déficient sur les apports nutritionnels vitaux. Sans parler de la qualité des ingrédients généralement utilisés en alimentation humide.

Conclusion sur la nourriture humide pour les chats :

  • La nourriture humide (boîtes, pâtées, sachets) ne se rapprochent pas idéalement de ce que mange un chat dans la nature. Ils en sont très loin.
  • Le chat compense peut très bien la faible humidité d’une croquette quand cette dernière répond à ses besoins nutritionnels naturels.
  • La consommation d’eau n’est pas la cause nutritionnelle qui explique l’apparition ou pas des problèmes urinaires.
  • Une alimentation mixte ne permet pas de donner une ration complète et équilibrée.

L’utilisation actuelle de l’alimentation humide n’est pas la solution car elle ne fait au mieux que masquer des problèmes de fond :

  • La piètre assimilation de certains minéraux utilisés dans l’alimentation.
  • La quantité et la qualité des protéines insuffisantes alors que nécessaires à l’assimilation des minéraux.
  • L’excès de glucides qui peut influer sur la sensation de soif du chat et acidifier l’organisme.
  • L’utilisation récurrente d’antibiotiques et de vermifuges chimiques qui entrainent un dérèglement et un appauvrissement de la flore intestinale qui se traduit par une baisse des défenses immunitaires.

Nous, les propriétaires, avons le contrôle sur toutes ces causes.

Il faut juste, par conséquent, éviter une alimentation qui contiendrait :

  • Des minéraux sulfates (sulfate de zinc, sulfate de manganèse…etc.). Malheureusement ils ne sont pas toujours précisés.
  • Beaucoup de glucides
  • Des protéines en quantité insuffisante et ou de mauvaise qualité comme le gluten, les protéines de soja, de lentilles, de pois,… : toutes les protéines végétales, mais aussi les protéines animales de mauvaise qualité, ce qui, pour le consommateur, est hélas bien difficile (pour ne pas dire impossible) à détecter.

 

Joseph Maupilier, Pierre Maupilier

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